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Châteaux





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Extraits de l’ouvrage :
Région Aquitaine
Région Normandie
Région Pays de Loire



Chambres d’hôtes au Château
paru chez Hachette.
Co-auteur avec Marc Moreau, historien.
Photographies et design graphique de l’ouvrage.


À propos de l’appellation « château »

L’appellation « château », très souvent exploitée et utilisée pour qualifier des demeures de tout type et de toutes les époques, reste extrêmement floue en France. Dans le pays aux 28 000 châteaux, il est difficile de cerner ce qui est un « vrai » château de ce qui n’en est pas ou n’en a jamais été un.
Nos voisins italiens ont clairement scindé cette appellation : le château (du latin castellum, fortin ; castrum, camp) est un édifice correspondant au castel médiéval,
et, à partir de la Renaissance, parlent de « palais » pour désigner toute grande construction de style postérieur au XVIe siècle.
En France, cette identification est sujette à controverse. Nous nous sommes donc efforcés de sélectionner des demeures portant l’appellation de château à juste titre.
En effet, une dizaine d’entre eux mériterait le titre de logis, manoir ou hôtel particulier, mais leur passé, la qualité de leurs prestations, l’accueil, les intérieurs et leur authenticité ont prévalu à nos yeux sur le souci de voir se déployer une architecture majestueuse et de beaux volumes.

Le « château » en France ne connaît qu’une seule définition : une demeure féodale fortifiée en bois, apparue au Xe siècle dans toute l’Europe, par nécessité de défense dans une époque de troubles et d’insécurité. C’était alors le seul moyen de protéger terres et habitants dans un pays où l’autorité royale avait décliné, dans un royaume morcelé en plusieurs régions autonomes, elles-mêmes subdivisées en seigneuries parfois indépendantes et rivales.

Au Moyen Âge, le château a trois fonctions : défensive, symbolique et lieu de résidence. Il centralise le pouvoir local, on y rend la justice, on y protège les villageois en échange d’impôts. Il est plus connu sous l’appellation de château fort (expression datée du xixe siècle). Tennessus, Langoiran ou Montalègre sont les exemples de ces châteaux forts
en pierre, nettement plus élaborés que les lointains châteaux en bois sur motte de terre du Xe siècle (voir la reconstitution du château à la Haye-Joulain, près d’Angers) ou les premiers châteaux en « dur » du XIe siècle (dont fait partie Jaulny).
À la fin des guerres de Religion et à la Renaissance, soit à la fin du XVIe siècle, le château perd sa fonction originelle strictement militaire. Le pays est réunifié, les grandes invasions ou conflits cessent. C’est une habitation royale ou seigneuriale qui change radicalement d’aspect donc de style architectural. Murs d’enceintes, douves, pont-levis, donjon et châtelets n’ont plus raison d’être, trop austères et jugés archaïques. Mais c’est la « remise au goût du jour », à la mode Henri IV ou Louis XIII, qui va considérablement modifier les châteaux primitifs. Tout ceci explique soit leur démolition pure et simple, soit la juxtaposition de plusieurs périodes d’architectures dans les châteaux français comme celui de La Rochefoucauld.
Les meurtrières s’étaient déjà transformées à la Renaissance en larges fenêtres à meneaux pour plus de luminosité et d’élégance et plafonds et cheminées avaient été travaillés ; aux XVIIe et XVIIIe siècles, les canons de l’architecture classique vont incarner la richesse et la puissance des nobles et aristocrates qui les habitent. Les larges et hautes ouvertures en vis-à-vis sont de rigueur, de même que les boiseries, beaux parquets, dallages et plafonds moulurés en stuc pour cacher les poutres rustiques,
jadis apparentes. Inhérente aux siècles des Lumières, une réflexion sur l’habitation pensée en harmonie avec les jardins ou parcs s’instaure : le raffinement des riches intérieurs lumineux, comme la symétrie de l’architecture extérieure et intérieure, célèbrent cette notion d’équilibre réussi. Ainsi, le château devient par extension une belle et grande demeure matérialisant le statut social élevé de son propriétaire.

Le château par définition « médiéval » est un spécimen rare, il a eu la vie dure pour résister aux conflits les plus destructeurs : guerre de Cent Ans, guerres de Religion, démantèlement par le cardinal de Richelieu, Révolution et Terreur, Seconde Guerre mondiale (bien des châteaux servaient de Q.G. aux troupes allemandes). Loin de cette définition restrictive, savourons ces édifices, témoins des splendeurs et fastes des siècles passés, qui sont parvenus jusqu’à nous et nous ouvrent leurs grilles et portes…